La santé mentale au travail : un constat alarmant
En 2025, la santé mentale a été déclarée Grande cause nationale. Ce choix reflète une prise de conscience d’un mal profond : la détresse psychologique touche désormais toutes les sphères, et le monde professionnel en est un terrain majeur.
Selon le baromètre 2025 de l’état de santé psychologique des salariés français (OpinionWay – Empreinte Humaine), 45 % des salariés se déclarent en détresse psychologique, dont 13 % en détresse élevée. Par ailleurs, un salarié sur quatre estime être en mauvaise santé mentale (CFE-CGC, mars 2025), et pour 70 % d’entre eux, cette situation est directement liée à leur travail.
Les causes sont bien connues : surcharge de travail, perte de sens, absence de reconnaissance, manque d’autonomie ou encore management autoritaire.
Les conséquences, elles, sont mesurables : +25 % de maladies psychiques reconnues d’origine professionnelle en un an, et 12 000 accidents du travail désormais liés aux risques psychosociaux (RPS) (Ministère du Travail, 2025). En France, 22 % des arrêts maladies de longue durée seraient d’origine psychologique.
Les mesures annoncées par le gouvernement
La responsabilité des entreprises
Vers une approche complémentaire : du soin à la reconstruction
La santé mentale repose aujourd’hui sur une complémentarité de métiers.
• Le psychiatre diagnostique et soigne les troubles graves, il médicamente au besoin (anxiolytique, somnifère, anti-dépresseur…).
• Le psychologue accompagne la compréhension et le travail intérieur, remonte au passé, sort du cadre du travail.
• Le coach professionnel ou hypnothérapeute aide à remettre en mouvement, à reconstruire, à retrouver le sens, la confiance en soi et le pouvoir d’agir.
Ces approches se répondent, se complètent plus qu’elles ne s’opposent. Elles forment une chaîne, un socle de soutien global : du soin médical à la reconstruction personnelle et professionnelle.
Dans ce contexte, les coachs spécialisés en reconstruction jouent un rôle clé : ils accompagnent les transitions, les retours à l’emploi, les reconversions, et aident les personnes à se ré-approprier leur trajectoire après une épreuve.
De la prévention à la réparation
Souvent oubliée par les entreprises, mais pourtant indispensable, la phase de reconstruction après un burn-out est essentielle. Car la réussite du retour au travail après cette “étape” est délicat.
Parfois, c’est un moment de remise en question fort, une réinvention de soi : réajuster ses valeurs, son poste, sa façon de travailler.
Bien être accompagné dans ce moment est primordial et peut faire toute la différence, passer d’un sentiment d’échec à une nouvelle réussite personnelle.
L’accompagnement peut se déployer sur deux temporalités :
• En prévention, en travaillant sur les mécanismes du stress, de la surcharge ou du déséquilibre.
• En réparation, lorsque la rupture a eu lieu — burn-out, maladie, dépression, perte d’emploi ou de sens.
En prévention
Les entreprises peuvent agir en amont grâce au financement et / ou en offrant du temps rémunéré pour :
• des ateliers sur la gestion du stress et la régulation émotionnelle ;
• des espaces de parole confidentiels ;
• un accès à des espaces de bien être au travail : sport, massage, conciergerie …
• un coaching individuel ciblé sur la redéfinition du sens et des priorités.
Vers une nouvelle culture du travail
La santé mentale au travail ne doit plus être envisagée comme une charge, mais comme un levier stratégique de performance et d’humanité. La Grande cause nationale 2025 ouvre un nouveau paradigme : celui d’une société où la santé psychologique devient une responsabilité partagée — de l’État, des entreprises et de chaque acteur de l’accompagnement.
Changer les pratiques managériales, ouvrir des espaces d’écoute et reconnaître la valeur du bien-être émotionnel au travail ne sont plus des choix : ce sont des nécessités.
La rupture avant la chute